Παρασκευή, 5 Ιουνίου 2015

Pour la communauté LGBT de Grèce, l’égalité prend son temps




Pour la communauté LGBT de Grèce, l’égalité prend son temps
Un drapeau arc-en-ciel, symbole de la cause LGBT, est déployé lors de la Gay Pride d’Athènes en 2013 (Crédit : Kostas Gerontis – Flickr Creative commons)
Peu après son arrivée au pouvoir, le gouvernement d’Alexis Tsipras annonçait l’ouverture prochaine de l’union civile aux couples homosexuels. Même si cette promesse illustre le chemin vers la tolérance effectué par la société grecque depuis plusieurs années, la communauté LGBT regrette une modification a minima de la législation.
S’il fallait un symbole que la société grecque commence à accepter ses concitoyens LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), ce sont les organisateurs de la Gay Pride d’Athènes qui l’apportent. « Pendant des années nous avons essayé de faire placer des affiches annonçant la Pride dans le métro, expliquent Fotini Pipi et Giannis PapagianopoulosEt cette année, bonne surprise, ils ont accepté ! »Pour les deux jeunes gens, la situation des homosexuels s’est nettement améliorée ces dernières années,au moins dans les grandes villes. Même la hausse du nombre d’actes homophobes recensés peut êtreobservée dans ce sens. « Aujourd’hui, les victimes osent beaucoup plus dénoncer les agressions, analyse Fotini. C’est pour ça qu’on a l’impression qu’elles sont plus nombreuses. Mais évidemment, l’homophobie existe toujours, et les actes homophobes également. »
La visibilité des personnes LGBT est un point clé dans la lutte pour l’égalité. Alors que la première Gay Pride, il y a onze ans, rassemblait à peine 500 participantsils étaient en moyenne 20.000 ces trois dernières années. La municipalité d’Athènes a commencé à aider financièrement l’organisation de la parade, et beaucoup d’autres institutions s’investissent dans son organisation. Mais les disparités sont grandes entre les villes importantes et le reste du territoire. Dans les campagnes, il est plus difficile de rencontrer des semblables avec qui échanger, ainsi que de trouver des moyens de communication et d’information. « Hors des grandes villes, la situation des personnes LGBT est un vrai mystère, regrette Giannis. Nous n’avons aucune donnée. Mais d’après ce que nous avons pu entendre, un état des lieux ne serait pas très positif. » De plus, il n’existe aujourd’hui qu’une petite dizaine d’associations reconnues défendant les droits LGBT.

Une loi beaucoup trop frileuse

Dans cette situation, l’annonce du gouvernement, le 11 février dernier, d’ouvrir l’union civile aux couples homosexuels représente un pas en avant très attendu. La Grèce est, avec la Lituanie, l’un des deux derniers pays de l’Union européenne à ne pas proposer une quelconque forme d’union juridique entre deux personnes de même sexe. La Cour européenne des droits de l’Homme a d’ailleurs été saisiepar quatre couples homosexuels grecs, en novembre 2013, et le pays a été condamné à leur verser des indemnités à cause de cette discriminationNikos Milonas fait partie de ceux-ci. Activiste depuis trente-cinq ans, notamment dans l’association Familles arcs-en-ciel qui milite pour la reconnaissance des familles non-hétérosexuelles, il a vu la société changer dans le bon sens, bien que trop lentement à son goût : « Même si nous sommes en avance sur de nombreux pays, notamment de l’Est, nous avons beaucoup de retard par rapport aux autres pays européens. Et certaines choses ne vont pas changer de sitôt. »
Familles arcs-en-ciel dialogue avec le ministère de la Justice grecque sur la question de l’union civile. Et ses militants regrettent la frilosité du texte en préparation. « La question de la parentalité ne sera même pas abordée, s’insurge Stella Belia, représentante de l’association. Les enfants de couples gays ne pourront toujours être reconnus que par un seul de leurs parents. Et ce n’est même pas la peine de parler d’adoption. Le ministère nous dit qu’il faudrait changer la loi sur la famille qui date de 1983, ce qui serait trop compliqué. » Les militants pour les droits LGBT attendent en fait le rapport d’un comité scientifique nommé par le ministère de la Justice pour étudier la question de l’union civile pour tous, et dont les conclusions doivent être révélées mi-juin. Mais aucun d’entre eux ne se fait d’illusions. « On est encore loin du mariage et de la filiation, confirme Apostolis Vlachogiannis, juriste pour la fondation Marangopoulos pour les droits de l’Homme. Concernant le droit de la famille, la Grèce est parfois très progressiste, par exemple concernant la fécondation in vitro, mais peut aussi être très conservatrice. »
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L’association Familles arcs-en-ciel a édité un livre à destination des enfants de familles non-hétérosexuelles (Crédit : Hélène Millard)

Des obstacles sociétaux encore importants

L‘égalité doit en effet faire face à de nombreux obstacles. Dans un pays où les mariages religieux ont une valeur juridique et les prêtres sont agents de l’État, la religion infuse l’ensemble de la société. « On ne peut pas sous-estimer le poids politique de l’Égliseindique Apostolis Vlachogiannis. Il y a déjà eu quelques réactions de sa part après l’annonce de la future loi. » Pourtant, les militants ne s’attendent pas à une mobilisation massive contre l’union civile ou même un éventuel mariage. « Nous avons été étonnés de voir de telles manifestations contre le mariage pour tous en France, reconnaît Fotini Pipi.En Grèce, personne ne prendrait la peine de descendre dans la rue, à part peut-être quelques personnes âgées qui ne pourraient même pas se déplacer. » Giannis Papagianopoulos est plus réservé. « À l’heure actuelle, il n’y a pas de groupes anti-gays vraiment organisés. Mais l’Église pourrait très bien se mobiliser contre la loi d’union civile. »
Changer les mentalités est alors un défi de tous les jours pour les militants. En plus de son action avec Familles arcs-en-ciel, Stella Belia travaille dans une école maternelle. Malgré les critiques concernant son couple et sa peur de perdre son travail, elle tient à enseigner des valeurs de tolérance aux enfants.Mais en Grèce, les parents sont très impliqués dans l’organisation et les programmes des écoles, ce qui peut constituer un obstacle majeur. « C’est très difficile d’éduquer les enfants, admet cette mère de jumeaux. Tout dépend toujours de l’ouverture d’esprit des parents, et certains sont par exemple proche des partis d’extrême-droite, peu sensibles à la cause homosexuelle. » Son association travaille donc avec des écoles de professorat d’Athènes et de Thessalonique pour intégrer les questions de genre aux programmes. En Grèce, le chemin vers l’égalité passera par l’éducation.

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